20 ANS
Sortie le 14 avril 2011
Le magazine 20 ans a été un phénomène de presse aussi inattendu que méconnu. De 1992 à 2003 une équipe hors normes réunie autour d’Isabelle Chazot a dynamité en sous mains les codes de la presse féminine. Drôle, féministe, iconoclaste, le magazine 20 ans a détonné dans le paysage un peu sucré de la presse pour jeunes filles. Réunissant une équipe essentiellement masculine et parfois inattendue (parmi les sympathisants on pouvait compter Michel Houellebecq, Simon Liberati, Alain Soral ou Bertrand Burgalat) autour d’une exigence d’écriture, alliant ironie, lucidité, et anti-conformisme. Les références inhabituelles des articles, l’iconographie géniale et inventive, les pages offertes à des figures du journal comme Diastème, ou le Docteur Perlmutter, ont fidélisé une génération de lectrices, qui se retrouvent aujourd’hui orphelines.
Ce texte rassemble des témoignages des anciens du magazine qui décrivent l’esprit dans lequel le journal se créait, ainsi qu’une anthologie d’articles. Il s’adresse avant tout aux anciennes lectrices de « 20 Ans », mais également à tous ceux que l’histoire de la presse, notamment féminine intéresse.
L'interview de Marie Barbier sur Madmoizelle
L'article de 20 Minutes + l'article MissPress
La chronique de Géraldine Dormoy du blog Café mode
Extrait
Un ton unique
Vous n’avez pas envie de vous retrouver enchaînée à une vieille table à tréteaux dans votre mansarde ou, pire, sur un banc de galériens de bibliothèque atteints d’acné galopante ? Vous préférez aller traîner sur les ramblas avec les garçons ? Vous croyez que la vraie vie est ailleurs ? Du côté des terrasses ensoleillées, des piscines bleues et des boîtes de nuit ? Le monde n’est jamais aussi beau que lorsque l’on doit bachoter. Si vous saviez… Croyez-en un ancien viveur qui a lâché la proie pour l’ombre, cette vie-là n’est pas la vie, juste un songe dont on s’éveille toujours trop tard à 30 ans passés.
J’arrive pas à travailler,Eugène Mansfield
Il est difficile d’expliquer ce qui faisait le « ton 20 ans » : un humour ravageur et omniprésent, une exigence de style et de contenu, une tension permanente entre le frivole et le sérieux, une peinture radicale et méchante des rapports humains, une volonté de déniaiser les lecteurs sur les impasses du jeunisme, un refus de se prendre au sérieux, un certain féminisme… Lire la suite